Points clés à retenir
- Traitez les questions de personnes et le différend séparément.
- Concentrez-vous sur les intérêts en jeu, et non sur les positions.
- Imaginez des solutions variées procurant un bénéfice mutuel avant de décider.
- Exigez que le résultat de la négociation repose sur des critères objectifs.
- Connaissez votre meilleure solution de rechange (MESORE) pour vous protéger et accroître votre pouvoir.
Comment réussir une négociation Résumé
Sortir du dilemme : une nouvelle voie pour la négociation
Vous négociez tous les jours. Avec votre famille, vos collègues, ou même pour choisir un restaurant. La négociation est partout dans notre vie. Pourtant, j’ai remarqué que nous nous sentons souvent coincés entre deux options : être “gentil” ou être “dur”.
Si vous êtes trop conciliant, vous risquez de vous sentir floué. Si vous êtes trop agressif, vous pouvez briser la relation et ne rien obtenir du tout. C’est un dilemme épuisant. Mais que se passerait-il si une autre voie existait ?
Ce livre nous propose justement cela : une méthode pour négocier autrement. Une approche qui n’est ni douce, ni dure, mais qui se concentre sur le fond du problème. L’idée est simple mais puissante : il faut être intransigeant sur les objectifs, mais souple avec les personnes.
Le piège de la négociation sur des positions
Le premier obstacle que nous rencontrons souvent, c’est ce que les auteurs appellent la “négociation sur des positions”. C’est le marchandage classique. Vous annoncez un prix, l’autre annonce le sien, et chacun fait des concessions jusqu’à trouver (ou non) un compromis.
Le problème ? Cette méthode est inefficace. Chacun s’enferme dans sa position, son ego entre en jeu, et la discussion devient une bataille de volontés. On passe plus de temps à défendre son camp qu’à chercher la meilleure solution pour tout le monde.
Pire encore, cette approche abîme les relations. La colère et le ressentiment s’installent, car personne n’aime sentir qu’il a dû “céder”. Je pense que nous avons tous vécu cette frustration.
Les quatre piliers d’une négociation réussie
Pour sortir de ce piège, les auteurs nous guident à travers quatre principes fondamentaux. Ce sont les clés pour transformer une confrontation en une collaboration.
1. Séparez les personnes du problème.
La première chose à comprendre, c’est que les négociateurs sont des êtres humains, avec des émotions et des perceptions différentes. Il est crucial de traiter les problèmes humains séparément du fond de la négociation.
Cela veut dire qu’il faut écouter l’autre avec empathie, reconnaître ses émotions (sans forcément être d’accord) et communiquer clairement. Attaquez le problème, pas la personne. Vous et votre interlocuteur n’êtes pas des adversaires, mais des partenaires qui cherchent une solution à un problème commun.
2. Concentrez-vous sur les intérêts, pas sur les positions.
Une position est ce que quelqu’un dit vouloir. Un intérêt est la raison profonde pour laquelle il le veut. Prenons un exemple simple : deux personnes se disputent pour savoir si une fenêtre doit être ouverte ou fermée. C’est la position.
Leurs intérêts ? L’un veut de l’air frais, l’autre veut éviter les courants d’air. En comprenant cela, on peut trouver une solution créative : ouvrir une fenêtre dans la pièce d’à côté. C’est en explorant les intérêts mutuels et divergents que nous découvrons des solutions que le marchandage ne révèle jamais.
3. Imaginez des solutions pour un bénéfice mutuel.
Une fois les intérêts sur la table, il faut faire preuve de créativité. Souvent, nous sommes tellement focalisés sur notre propre camp que nous ne voyons pas les possibilités d’accord qui arrangeraient tout le monde.
L’idée est de suspendre le jugement et d’organiser un “remue-méninges” (brainstorming). Cherchez à élargir le gâteau avant de le partager. Y a-t-il des éléments qui ont beaucoup de valeur pour l’autre mais qui vous coûtent peu ? C’est là que se cachent les accords les plus intelligents.
4. Exigez des critères objectifs.
Comment s’assurer que l’accord est juste et non le fruit de la pression ? En utilisant des critères objectifs, indépendants de la volonté des deux parties.
Cela peut être la valeur du marché, l’avis d’un expert, la loi ou des normes professionnelles. Au lieu de vous battre sur ce que chacun “veut”, discutez de ce qui serait “juste”. Cela permet de prendre des décisions basées sur la raison et non sur la force, et de protéger la relation.
Que faire si l’autre ne joue pas le jeu ?
Vous vous demandez peut-être : “Et si mon interlocuteur est plus puissant ou utilise des tactiques déloyales ?”. Le livre nous donne des stratégies pour ces situations.
Si l’autre est plus puissant, votre force réside dans votre “MESORE” : votre MEilleure SOlution de REchange. C’est ce que vous ferez si vous ne parvenez pas à un accord. Mieux vous préparez cette solution, moins vous aurez peur de l’échec et plus vous négocierez avec sérénité et confiance.
Si l’autre attaque, ne contre-attaquez pas. Utilisez ce que les auteurs appellent le “jiu-jitsu de la négociation”. Ne repoussez pas sa force, mais détournez-la vers le problème. Posez des questions, demandez-lui de justifier sa position avec des critères objectifs, et utilisez le silence pour l’amener à réfléchir.
En somme, ce que je retiens de cette méthode, c’est qu’elle nous invite à changer de posture. Au lieu de voir la négociation comme une bataille à gagner, nous pouvons la voir comme un problème à résoudre ensemble. C’est une approche qui demande de la préparation et de la conscience, mais qui promet des résultats plus satisfaisants et des relations plus saines. Et n’est-ce pas là ce que nous cherchons tous ?
